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Le tourment de l'homme qui voit la vérité
M. Fethullah Gülen · Sermon · 21 février 1975 · Deuxième sermon de la série « Les Preuves du Tawhid »
Que fait l'homme qui voit la vérité ? Dans ce sermon, Hocaefendi répond en une seule phrase : il fait de la faire connaître aux autres son tourment. Le sermon montre ce tourment d'abord chez le Prophète, puis dans trois tableaux : Omar pleurant devant un moine, le petit garçon juif sur son lit de mort, Abou Quhafa et son fils Abou Bakr.
Cet article suit la vidéo ci-dessus, section par section. Le récit est celui du sermon ; les tableaux, les notions et les notes de sources se trouvent dans des encadrés dépliables.
I — Le verset du sermon
« Tu vas te consumer de chagrin jusqu'à en mourir »
Hocaefendi ouvre le sermon par le sixième verset de la sourate Al-Kahf : « S'ils ne croient pas à ce discours, tu vas te consumer de chagrin jusqu'à en mourir. » (Sourate Al-Kahf 18:6)
Le verset dit la souffrance du Prophète devant ceux qui ne croient pas. Dans les mots du prédicateur : « Ton regret, ton chagrin te mettent dans une telle détresse. »
📖 Le même sens, dans quatre versets
| Al-Kahf 18:6 | Tu vas presque te consumer de chagrin parce qu'ils ne croient pas. |
| Ach-Chou'ara 26:3 | La même consolation : ne te consume pas parce qu'ils ne croient pas. |
| Fatir 35:8 | Ne te consume pas en regrets pour eux. |
| At-Tawba 9:128 | Soucieux du sort de sa communauté, compatissant et miséricordieux envers les croyants. |
📖 Note sur les sources · Le verset du sermon
Les exégèses classiques (Ibn Kathir, al-Qurtubi) expliquent le mot « bâkhi' » d'Al-Kahf 18:6 par « celui qui se détruit lui-même » et voient dans le verset une consolation adressée au Messager d'Allah. L'expression du prédicateur « te suicider » n'est pas une traduction du verset, mais son propre équivalent turc.
📖 Pour aller plus loin · Le verset du sermon
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
Pour le mot « bâkhi' » d'Al-Kahf 18:6, at-Tabari, al-Qurtubi, Ibn Kathir et al-Baydawi donnent le sens de « celui qui s'afflige au point de se tuer » ; les propos rapportés de Mujahid, de Qatada et de ad-Dahhak vont dans le même sens. Pour le mot « asaf », al-Baydawi et al-Alusi le rapportent comme un mélange de tristesse et de colère ; le verbe turc actuel « üzülmek » (s'attrister) n'en rend que le versant de la tristesse. Ibn Kathir cite côte à côte Ach-Chou'ara 26:3, Fatir 35:8 et Al-Kahf 18:6 : toutes trois renvoient à l'immense tristesse de notre Prophète devant l'incroyance de son peuple. At-Tabari lit le ton du verset comme un avertissement plein de douceur, Ibn Kathir et ar-Razi comme une consolation. L'accent commun est le suivant : transmettre le message est un devoir, mais déposer la foi dans les cœurs appartient à Allah.
📖 📊 Extrait de la vidéo: « Tu vas te consumer de chagrin jusqu'à en mourir » (textes en turc)
II — Le tourment de l'homme qui est homme
Faire connaître ce que l'on a vu
Hocaefendi décrit l'homme dont l'humanité ne s'est pas éteinte, qui n'a pas perdu la conscience, qui porte un cœur dans la poitrine. Ce qu'il a goûté, vu, tiré de beau, il en fait son tourment : que les autres aussi puissent en profiter.
« Cela vaut pour l'homme qui est vraiment homme, pour celui dont la conscience ne s'éteint pas, pour celui qui porte un cœur dans la poitrine. »
📖 Quel est le tourment de celui qui voit ?
| S'il voit le paradis | Y inviter les autres, les amener à y croire devient le plus grand de ses tourments. |
| S'il voit le Destin, la plume du Destin | Convaincre les hommes à ce sujet devient son tourment. |
| S'il entend Allah dans la langue de l'univers | Il veut Le faire entendre à ceux qui ont besoin de L'entendre. |
📖 Pour aller plus loin · Le tourment de l'homme qui est homme
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
La responsabilité de faire connaître ce que l'on a vu est traitée, dans les sources classiques, sous le titre de l'ordre du bien (amr bi'l-ma'ruf) et du bon conseil (nasiha). Pour l'expression « qu'il y ait parmi vous une communauté » d'Al Imran 3:104, al-Qurtubi et az-Zamakhchari tiennent la particule « min » pour partitive et considèrent le devoir comme une obligation collective (fard kifaya) ; ar-Razi rapporte en outre que « min » peut avoir un sens explicatif, c'est-à-dire que le devoir peut concerner l'ensemble de la communauté. À propos d'Al Imran 3:110, Mujahid dit que l'excellence dépend des conditions suivantes : ordonner le bien, interdire le blâmable et croire en Allah. An-Nawawi, dans son commentaire de Muslim, tient le hadith « la religion est le bon conseil » pour l'axe autour duquel tourne l'islam et juge l'ordre du bien obligatoire par consensus (ijma') ; la mesure qu'il rapporte du Qadi Iyad est de se montrer doux et de renoncer si cela devait causer un mal plus grand. Dans la littérature politique islamique, al-Mawardi (al-Ahkam as-Sultaniyya) énumère les différences entre l'agent officiel et le volontaire ; al-Ghazali (Ihya) expose les degrés et les convenances de ce devoir.
📖 📊 Extrait de la vidéo: Faire connaître ce que l'on a vu (textes en turc)
III — Le Noble Messager est l'homme de ce tourment
Monter aux cieux et revenir vers l'humanité
Le Prophète a cru comme s'il voyait Allah ; il a vu le paradis, le Destin, la plume du Destin ; il a parlé avec les anges ; il a vu que le Livre descendu sur lui venait d'Allah. Puis il a quitté le paradis et les houris et il est revenu vers l'humanité : au sommet de la perfection, pour prendre par la main ceux qui étaient retombés au plus dur de l'œuvre.
Les hommes, eux, se refusent à comprendre ce qu'il leur dit, ils le fuient, ils se bouchent les oreilles devant ces grandes vérités. Lui est dans les angoisses du cœur et dans les souffrances.
📖 Ce qu'il a vu
| Allah | Il a cru comme s'il Le voyait. |
| Le paradis | Il l'a vu, il a cru. |
| Le Destin et la plume | Il les a vus, il a cru. |
| Les anges | Il a parlé avec eux de vive voix, il les a vus. |
| Le Livre descendu | Il a vu, il a entendu qu'il venait d'Allah, et il y a cru de tout son être. |
📖 Pour aller plus loin · Le Noble Messager est l'homme de ce tourment
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
Pour le mot « anit » d'At-Tawba 9:128, les sources donnent le sens de peine, de difficulté, et pour « harîs » celui de zèle pour leur guidance et leur bien (at-Tabari, ar-Razi, al-Qurtubi). Lorsque, au retour de Ta'if, l'ange des montagnes fit sa proposition, la réponse de notre Prophète – « Non, j'espère qu'Allah fera sortir de leurs reins des gens qui L'adoreront » – figure chez Muslim ; al-Bayhaqi et Ibn Kathir la rapportent aussi. Une autre expression de la même inquiétude, dans les hadiths, est l'image des insectes volants (farash) qui se jettent dans le feu et de l'homme qui tente de les retenir en les saisissant par la taille (Boukhari, Muslim ; commentaire d'an-Nawawi). An-Nawawi explique « farash » comme de petits insectes volants qui s'attroupent autour du feu ; le mot turc « pervane » évoquant le papillon, l'espèce n'est pas nommée ici avec certitude.
📖 📊 Extrait de la vidéo: Monter aux cieux et revenir vers l'humanité (textes en turc)
IV — Omar et le moine
« Je pleure pour lui »
Omar passe devant un monastère et voit un moine qui s'était donné à l'ascèse : il n'avait pas mangé, pas bu, il était à bout de forces. Il ne peut retenir ses sanglots et se met à pleurer.
On lui en demande la raison. Sa réponse : « Mais voilà, je pleure justement pour lui ! Il a fait de ce monde un enfer pour lui-même, il n'est pas de souffrance qu'il n'ait endurée ; mais il a raté le coche, il n'a pas trouvé Muhammad, il ira en enfer ; c'est pour lui que je pleure. »
📖 Note sur les sources · Omar et le moine
Omar et le moine : al-Qurtubi (al-Jami', 20/27) rapporte d'après Hasan al-Basri que, lorsqu'Omar vint en Syrie, un vieux moine vêtu de noir vint le trouver ; en le voyant, Omar pleura. On lui dit : « Ô Commandeur des croyants, qu'est-ce qui te fait pleurer ? » Il répondit : « Ce pauvre homme a recherché quelque chose sans l'atteindre ; il a nourri un espoir, et il l'a manqué aussi. » Puis il récita : « Ce jour-là, des visages seront humiliés, ayant peiné et s'étant épuisés, et ils entreront dans un feu ardent » (Al-Ghachiya 88:2-4). Al-Hakim (al-Moustadrak, 2/613) et Ibn Kathir (exégèse d'Al-Ghachiya) rapportent en revanche, d'après Abou Imran al-Jawni, une autre formulation : Omar passa près du monastère d'un moine et l'appela ; il regarda le moine et pleura, puis il expliqua la raison ainsi : « Je me suis souvenu de la parole d'Allah, « ayant peiné et s'étant épuisés, ils entreront dans un feu ardent » » ; al-Hakim précise que ce rapporteur n'a pas connu l'époque d'Omar. Selon Sa'id ibn Joubayr, Zayd ibn Aslam et Ibn Abbas, ceux qui « ont peiné et se sont épuisés » dans le verset sont les moines de leurs monastères (al-Qurtubi) ; il est aussi rapporté d'Ibn Abbas qu'il s'agit des chrétiens (Ibn Kathir, d'après Boukhari). Le prédicateur raconte la tradition dans ses propres mots et précise ce que le moine n'avait pas atteint en disant « il n'a pas trouvé le Prophète Muhammad ».
📖 📊 Extrait de la vidéo: « Je pleure pour lui » (textes en turc)
V — Le petit garçon juif qui le servait
« Obéis à Abou al-Qasim »
Le petit garçon juif qui servait le Prophète est sur son lit de mort. Le Messager d'Allah, à son chevet, le regard plein de tendresse, lui dit : « Deviens musulman, soumets-toi ! » L'enfant est attaché de cœur au Prophète, mais il craint le mal que lui ferait son père ; il tourne son regard vers lui.
Son père dit : « Obéis à Abou al-Qasim ! » À son dernier souffle, l'enfant s'élève avec la parole du Tawhid ; le Messager d'Allah, comme s'il avait conquis le monde, regagne sa chambre bénie dans une joie profonde.
📖 En cinq étapes
| 1 | Le petit garçon qui servait est sur son lit de mort ; il rend ses derniers souffles. |
| 2 | Le Prophète, à son chevet : « Deviens musulman, soumets-toi ! » |
| 3 | L'enfant est attaché de cœur ; il craint son père. |
| 4 | Son père : « Obéis à Abou al-Qasim ! » |
| 5 | L'enfant meurt avec la parole du Tawhid ; le Prophète revient plein de joie. |
📖 Note sur les sources · Le petit garçon juif qui le servait
Le hadith du petit garçon juif est rapporté chez Boukhari (Janaiz), d'après Anas ibn Malik : l'enfant regarda son père, son père dit « Obéis à Abou al-Qasim », l'enfant se fit musulman ; le Prophète sortit en disant : « Louange à Allah qui l'a sauvé du Feu. » Dans la version d'al-Hakim, il est dit en outre : « Faites la prière funéraire pour votre frère. »
📖 Pour aller plus loin · Le petit garçon juif qui le servait
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
Boukhari a placé ce hadith sous le chapitre intitulé « Peut-on proposer l'islam à un enfant ? ». La formulation chez Abou Dawoud est « anqadhahu bi min an-nar », chez Boukhari « anqadhahu min an-nar ». La visite à un malade non musulman est traitée en droit par des avis divers : le hanafite Ibn Abidin la dit permise ; dans les sources chafiites (an-Nawawi, ar-Ramli), elle est permise, et la récompense est rattachée à un égard comme le voisinage ou la parenté ; dans les sources hanbalites, l'avis principal est qu'elle est réprouvée (makrouh), et permise s'il y a espoir qu'il entre en islam. La mesure de l'imam Ahmad est celle-ci : « S'il va l'appeler à l'islam, oui. » Pour l'islam de l'enfant, selon al-Ikhtiyar chez les hanafites, l'islam de l'enfant doué de discernement est valide (Zufar diffère) ; selon le chafiite, il n'est pas valide avant la puberté. Sur la question de l'autorisation du père, aucun avis direct n'a été trouvé dans les sources examinées.
📖 📊 Extrait de la vidéo: « Obéis à Abou al-Qasim » (textes en turc)
VI — Abou Quhafa
La lumière dans sa maison, lui-même dans l'obscurité
Abou Quhafa est le père d'Abou Bakr. Il a persisté dans l'incroyance jusqu'à la conquête de La Mecque. La première flamme de la prophétie avait brûlé dans sa maison, sa petite-fille était devenue l'épouse du Prophète des prophètes, son honorable fils Abou Bakr était devenu, jusqu'au Jour dernier, un tableau de fierté. Pourtant, il n'avait pas vu la lumière au sein de sa propre maison.
Le jour où La Mecque fut conquise, les glaces de l'incroyance fondirent aussi en lui. Son fils le prit par la main et, dans une joie de fête, l'amena en présence du Messager d'Allah. Le Messager d'Allah : « Tu as dérangé le vieil homme, nous serions allés le visiter. » Abou Bakr : « Ô Messager d'Allah, c'est lui qui devait venir se prosterner à vos pieds purs. » Le père prononça la parole du Tawhid, d'un poids égal à celui du monde entier.
📖 Pour aller plus loin · Abou Quhafa
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
À propos de la parole de notre Prophète « Si tu avais laissé le vieil homme chez lui », adh-Dhahabi l'explique comme un égard envers Abou Bakr. Le verbe « yaqûduhu » employé dans le récit signifie guider ; cela s'accorde avec le fait que le père, aveugle, fut amené en étant tenu par la main. Dans une variante chez al-Bayhaqi, il est dit d'après Jabir : « Omar le prit par la main. » Au sujet de la teinture des cheveux, an-Nawawi rapporte que teindre en noir est interdit dans l'école chafiite et que les pieux anciens (salaf) ont divergé sur ce point. L'année de la mort d'Abou Quhafa étant donnée diversement dans les sources, aucune année n'est indiquée ici.
📖 📊 Extrait de la vidéo: La lumière dans sa maison, lui-même dans l'obscurité (textes en turc)
VII — Les larmes d'Abou Bakr
« À la place de mon père, j'aurais voulu voir Abou Talib »
Puis Abou Bakr se retire à l'écart et pleure à chaudes larmes. On lui demande pourquoi il pleure. Il répond par ce propos qui sied à un grand homme.
Son père s'était approché de cette vérité et l'avait prononcée ; Abou Talib, lui, en était proche mais n'a pas pu la dire. Dans les mots du prédicateur : « Lui aussi a raté le coche, il n'a pas pu prononcer cette phrase sacrée. »
📖 Deux pères
| Abou Quhafa | Il a prononcé la parole du Tawhid. |
| Abou Talib | Il n'a pas pu prononcer cette phrase sacrée. |
Mon père est venu, il s'est soumis à toi, il a trouvé la guidance. À la place de mon père, j'aurais voulu voir Abou Talib, ô Messager d'Allah ; c'est pour lui que je pleure.
📖 Note sur les sources · Les larmes d'Abou Bakr
Abou Quhafa et Abou Bakr : le jour de la conquête de La Mecque, Abou Bakr amena son père devant notre Prophète. Notre Prophète dit : « Si tu avais laissé le vieil homme chez lui, c'est nous qui serions allés le voir » ; Abou Bakr répondit : « Il est plus convenable qu'il vienne à toi, ô Messager d'Allah. » Notre Prophète lui passa la main sur la poitrine et dit : « Fais-toi musulman, tu trouveras la paix », et il devint musulman. Ses cheveux étaient comme du thughama (plante aux fleurs blanches) ; il fut dit : « Changez cela par quelque chose, mais évitez le noir » (al-Hakim, al-Moustadrak 3/295, « authentique (sahih) » ; Ahmad ibn Hanbal, al-Moussnad 44/518 ; al-Bayhaqi, Dala'il an-Nubuwwa 5/96 ; Ibn Sa'd, at-Tabaqat 6/79 ; adh-Dhahabi, Siyar ; Ibn Hajar, al-Isaba 4/453). Les larmes d'Abou Bakr sont rapportées dans al-Isaba (7/238), d'après Anas ibn Malik : lorsqu'Abou Quhafa tendit la main pour prêter allégeance, Abou Bakr pleura ; comme on lui en demandait la raison, il dit : « Si, à la place de sa main, c'était la main de ton oncle, qu'il se fût fait musulman et qu'Allah t'eût réjoui les yeux, cela m'aurait été plus cher. » Ibn Hajar dit que la chaîne de ce récit est authentique (sahih) (al-Hakim : authentique (sahih) selon la condition des deux Cheikhs). En revanche, les chaînes des versions de cette même parole, avec la formulation « je me serais réjoui davantage de l'islam d'Abou Talib que de celui de mon père », sont faibles (Ibn Hajar) ; le Qadi Iyad la rapporte aussi dans ash-Shifa (2/51). Ibn Hajar précise que cela ne prouve pas qu'Abou Talib se soit fait musulman et que cela contredit des récits plus authentiques (les deux Sahih : dans ses dernières paroles, Abou Talib dit : « Je suis sur la religion d'Abd al-Muttalib » ; Tawba 9:113 et Al-Qasas 28:56 furent alors révélés).
📖 Pour aller plus loin · Les larmes d'Abou Bakr
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
La scène de la mort d'Abou Talib figure chez Boukhari et Muslim ; an-Nawawi explique l'expression « lamma hadarat » comme l'instant précédant la constatation de la mort. Il est rapporté qu'Al-Qasas 28:56 et At-Tawba 9:113 furent révélés à cette occasion (at-Tabari, al-Qurtubi, Ibn Kathir) ; al-Qurtubi corrige le mot « ijma' » (consensus) de az-Zajjaj en « la plupart des exégètes ». En théologie (kalam), la guidance se comprend à deux niveaux : montrer la voie (irchad) et accorder l'acceptation dans le cœur (tawfiq). Selon ar-Razi, ce qui revient au Prophète est l'appel et l'exposé clair. Les commentateurs acharites (at-Taftazani, al-Iji) comprennent la guidance comme la création de la foi (iman) ; la position des mutazilites est connue par la transmission de ces commentateurs. Pour la foi à l'instant de la mort, les sources disent ceci : la foi et le repentir avant de voir le châtiment sont acceptés, l'acceptation lorsqu'on voit le châtiment ne l'est pas (An-Nisa 4:18, Yunus 10:90-91 ; at-Taftazani, Ibn Abidin). Ibn Hajar juge faibles les récits selon lesquels Abou Talib se serait fait musulman et tient pour plus solide le récit des deux Sahih (al-Isaba). La mort d'Abou Talib et celle de Khadija la même année sont appelées dans la biographie prophétique « l'année de la tristesse » ('am al-huzn). La version d'Anas rapportant la parole d'Abou Bakr, Ibn Hajar la tient pour « authentique (sahih) » et en explique le sens sur le mode de l'hypothèse : « si Abou Talib s'était fait musulman ».
📖 📊 Extrait de la vidéo: « À la place de mon père, j'aurais voulu voir Abou Talib » (textes en turc)
VIII — La vérité de « Lâ ilâha illallah »
Si le cœur n'est pas touché
Hocaefendi décrit ainsi la parole du Tawhid : la vérité que l'univers proclame à grand fracas, que l'homme, au plus profond de lui, soulève sans cesse comme des vagues dans la mer, la grande vérité devant laquelle l'univers et les systèmes s'inclinent. Chaque être en qui cette vérité a fait naître des océans dans le cœur bouillonnera ainsi, débordera ainsi.
Puis il regarde le présent : « Les rues sont pleines d'incroyants. Dans les lieux d'enseignement et d'éducation, dans les foyers, bien des incroyants vont et viennent. Nos enfants, toi et moi, nos frères, nos petits-enfants… L'incroyance déborde d'eux. »
📖 Où est l'incroyance ?
| Les rues | Pleines d'incroyants. |
| Les lieux d'enseignement et d'éducation | Bien des incroyants y vont et viennent. |
| Enfants, frères, petits-enfants | L'incroyance déborde d'eux. |
Si le cœur n'est pas touché, c'est que la vie du cœur s'est éteinte. Si la conscience n'est pas touchée, c'est qu'il ne reste plus de conscience en l'homme.
📖 Pour aller plus loin · La vérité de « Lâ ilâha illallah »
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
L'obscurcissement du cœur est exprimé dans le Coran par les mots « ran » (Al-Moutaffifine 83:14), « khatm » et « tab' ». At-Tabari, al-Qurtubi et Ibn Kathir expliquent le « ran » comme les péchés qui s'accumulent les uns sur les autres et recouvrent le cœur. Selon un hadith rattaché au Prophète, le péché dépose dans le cœur un point noir, et le cœur qui se repent est poli. En théologie (kalam), les acharites (al-Iji, at-Taftazani) comprennent ces expressions comme la création de l'égarement par Allah ; les mutazilites les expliquent par des interprétations (ta'wil) telles que le retrait de la grâce.
📖 📊 Extrait de la vidéo: Si le cœur n'est pas touché (textes en turc)
IX — La fin du sermon
An-Nahl 16:90 et Al-Ankabout 29:45
Après le second sermon, Hocaefendi conclut par An-Nahl 16:90 et explique le verset en turc : la justice, la bienfaisance et la générosité envers les proches sont ordonnées ; l'immoralité, la transgression et l'insolence qui méconnaissent les commandements de la religion sont interdites.
Le sermon s'achève sur le verdict d'Al-Ankabout 29:45 : « La prière préserve l'homme du mal ; évoquer Allah est assurément la plus grande vertu. »
📖 Trois ordres, trois interdits
| La justice | Vivre avec droiture. |
| La bienfaisance | Servir Allah comme si l'on voyait la Vérité ; même si vous ne Le voyez pas, Lui vous voit. |
| Donner aux proches | Au sens le plus large : jusqu'à dépenser tout ce que l'on possède pour l'élévation de l'islam. |
| Fahcha' (interdit) | Toute forme d'immoralité, cachée ou apparente. |
| Mounkar (interdit) | La transgression et l'insolence qui méconnaissent les commandements de la religion. |
| Baghy (interdit) | Tout ce que juge odieux, non pas la compréhension des siècles, mais l'islam. |
📖 Note sur les sources · La fin du sermon
Ibn Mas'oud a dit au sujet d'An-Nahl 16:90 : « C'est le verset le plus complet du Coran pour le bien et pour le mal » (at-Tabari, al-Qurtubi, Ibn Kathir).
📖 Pour aller plus loin · La fin du sermon
Cette note ne fait pas partie du sermon. Elle résume, d'après les éditions disponibles en bibliothèque, la manière dont les sources classiques traitent le sujet.
Pour An-Nahl 16:90, Ibn Abbas explique la justice (adl) comme le tawhid et la bienfaisance (ihsan) comme l'accomplissement des obligations ; al-Qurtubi rapporte la justice comme l'équité (insaf) et la bienfaisance aussi comme la vertu (fadila) (at-Tabari, Ibn Kathir, ar-Razi). Quant à la récitation du verset à la fin du sermon, aucune mention d'une sunna remontant au Prophète n'a été trouvée dans les sources sunnites. La Hachiya d'ad-Dasouqi, du malikisme, et Ibn al-Athir attribuent cette pratique à Omar ibn Abd al-Aziz ; ad-Dasouqi écrit aussi que la pratique des gens de Médine était le contraire. La sourate que le Prophète récitait au sermon du vendredi est, chez Muslim et Ahmad, la sourate Qaf. Dans Al-Ankabout 29:45, le fait que la prière préserve de l'immoralité et du blâmable se lit de trois manières : la prière elle-même, le Coran récité dans la prière, et l'accomplir avec humilité (khouchou') (at-Tabari, Ibn Kathir, al-Qurtubi). Al-Qurtubi dit que l'effet dépend de l'humilité et de la conscience de la présence divine.
📖 📊 Extrait de la vidéo: An-Nahl 16:90 et Al-Ankabout 29:45 (textes en turc)
Notions
📖 Les notions présentes dans le sermon
Muztarip : En détresse, accablé d'une souffrance profonde.
Kalak : Agitation, angoisse du cœur (mot arabe).
Bîtap : À bout de forces, sans plus aucune énergie.
Dârüsselâm : La Demeure de la paix, le paradis.
Serfürû : Incliner la tête, s'incliner.
İhsan : Servir Allah comme si l'on Le voyait ; la plus belle des bienfaisances.
Nebiler Nebisi : Le Prophète des prophètes, Muhammad.
Hücre-i saadet : La chambre bénie du Prophète.
Sources
📖 Les sources du sermon
Enregistrement audio : Çınar Media (YouTube)
Versets : Al-Kahf 18:6 · Al-A'raf 7:204 · Al-Ahzab 33:45, 56 · An-Nahl 16:90 · Al-Ankabout 29:45
Hadiths et récits : Boukhari, Janaiz (le petit garçon juif) · al-Hakim, al-Moussnad, al-Bayhaqi, Ibn Sa'd, Ibn Hajar (Abou Quhafa et Abou Bakr) · al-Hakim, Ibn Kathir (Omar et le moine)